Reprise · Relation client

Que vaut réellement une base clients ?

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Lorsqu’on analyse un tour-opérateur, une base de plusieurs milliers de clients et de prospects peut rapidement être présentée comme un actif important.

Le chiffre rassure. Il donne le sentiment qu’une partie du développement commercial est déjà là, prête à être réactivée. Mais ce nombre dit finalement assez peu de choses. Lors d’une analyse récente, nous avons commencé par regarder la taille de la base, puis nous avons regardé qui avait réellement acheté, à quelle période, combien de fois et quelle part de l’activité provenait encore de ces clients. La lecture a changé.

Derrière plusieurs milliers de contacts, la valeur économique se concentrait en réalité sur quelques centaines de clients historiques qui continuaient à voyager avec l’entreprise. Ils étaient beaucoup moins nombreux que ne le laissait penser la taille du fichier, mais beaucoup plus importants pour comprendre ce que l’entreprise pouvait encore générer demain.

Un fichier mesure un volume. Une base clients devrait mesurer une capacité à produire encore du revenu.

Pour l’évaluer, le premier réflexe devrait donc être de quitter le nombre total de contacts et de reconstruire l’histoire de la relation client. Un client qui a voyagé il y a quelques mois n’a évidemment pas la même valeur qu’un contact enregistré depuis plusieurs années sans interaction. Un client qui est parti quatre ou cinq fois avec le même tour-opérateur raconte également quelque chose de différent d’un acheteur unique. Et lorsque l’on observe les cohortes dans le temps, on peut parfois découvrir qu’une part importante de l’activité actuelle repose encore sur des clients acquis plusieurs années auparavant.

Une conseillère voyage remet un dossier de voyage à un couple de voyageurs en boutique
La valeur d’une base clients se joue d’abord dans la qualité de la relation entre conseiller et voyageur.

À ce moment-là, la base clients ne se lit plus comme une liste de noms. Elle devient une représentation assez précise de la fidélité de l’entreprise. Une base importante peut masquer une faible capacité à fidéliser les nouveaux clients ; à l’inverse, une entreprise qui recrute peu peut posséder un noyau historique extrêmement solide. Dans le premier cas, la taille de la base donne une impression de valeur supérieure à la réalité. Dans le second, les comptes peuvent sous-estimer la valeur d’une relation client construite pendant des années.

Il faut ensuite regarder si cette valeur est réellement exploitable. Une base de plusieurs milliers de prospects devient beaucoup moins intéressante si l’origine des contacts, les consentements, les préférences ou les oppositions sont mal documentés. De même, un fichier clients sans historique de voyage, sans segmentation ou sans compréhension des comportements d’achat limite fortement la capacité du repreneur à identifier qui réactiver et avec quelle offre. Ce n’est donc pas uniquement une question de conformité : c’est aussi une question commerciale, car plus on connaît l’historique d’un client, plus on peut comprendre ce qui l’a fait acheter, ce qui peut le faire revenir et quelles offres ont une chance de l’intéresser.

C’est pour cela qu’une base clients devrait être analysée comme un actif vivant. La vraie question n’est pas « combien de contacts avons-nous ? », mais « parmi eux, combien entretiennent encore une relation économique avec l’entreprise, et que savons-nous suffisamment bien pour la prolonger ? » Cette question oblige à regarder ensemble la récence, la fréquence d’achat, la valeur générée, la fidélité dans le temps et la possibilité réelle de reprendre la relation. Elle permet aussi d’éviter un piège assez classique lors d’une reprise : attribuer de la valeur à des milliers de prospects simplement parce qu’ils existent dans un outil.

Un prospect ancien qui n’a jamais acheté n’a pas la même valeur qu’un client qui voyage régulièrement depuis plusieurs années. Cela paraît évident une fois formulé. Pourtant, ces deux personnes peuvent compter exactement de la même manière dans le chiffre affiché en haut d’un CRM. C’est précisément pour cela que la taille d’une base est un mauvais raccourci : ce qui compte n’est pas combien de personnes l’entreprise connaît, mais combien de relations commerciales sont encore vivantes, quelle valeur elles ont déjà démontrée et dans quelle mesure elles peuvent continuer à produire du revenu.

La valeur d’une base clients ne se mesure pas à son volume. Elle se mesure à la qualité et à la continuité des relations qu’elle contient.

Et dans une reprise, cette différence peut modifier très sensiblement la perception de ce que l’on achète réellement.

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